Ullo

Dans la valise d’Ullo

Fan de rugby, Rémy Ramadour n’a pas pu s’empêcher de partir avec un drapeau du Stade Rochelais. Mais pour marquer des essais à Las Vegas et trouver de nouveaux partenaires, le cofondateur d’Ullo, spécialisée dans les thérapies digitales, a pris soin d’imprimer un accord de confidentialité.

« C’est le tout premier document, la base juridique qui va structurer un éventuel partenariat ». Des exemplaires de l’accord de confidentialité sont soigneusement glissés dans un dossier qui a voyagé depuis la Charente-Maritime, avec le business plan. Pour Ullo, les objectifs du Consumer Electronics Show 2020 sont clairs : trouver un maximum de partenaires pour enrichir la technologie PhyXR développée par la start-up, afin de l’imposer comme une technologie standard dans le domaine des thérapies digitales.

Ullo à la recherche de partenaires technologiques.

Créée en 2016 à La Rochelle par Rémy Ramadour et Jérémy Frey, alors doctorants à l’Inria, Ullo a retenu les leçons de sa première participation au CES en 2019 : « Il y a une culture du show, ici. Il faut être à la hauteur. » La start-up avait remporté un CES Award, catégorie « Tech for A Better World », en présentant Garden, son sable sensoriel et interactif évoluant avec la réalité augmentée au gré des manipulations de l’utilisateur.

Garden, le sable thérapeutique d’Ullo


A nouveau coachée au sein de la délégation Nouvelle-Aquitaine, Ullo est venue en force à Las Vegas avec cinq équipiers répartis sur la prospection, les rendez-vous calés en amont, la veille technologique, la communication (à suivre sur Twitter et Facebook ). Sans oublier les différentes animations sur le stand, indispensables pour montrer les applications de la technologie PhyXR.

La technologie PhyXR (pour physiological extended reality) permet de représenter de façon interactive des données physiologiques à l’aide de n’importe quel support numérique : réalité virtuelle ou objet tangible. En clair, Ullo donne à voir l’invisible : le rythme de la respiration, la fréquence cardiaque, l’activité électroencéphalographique…

La technologie de l’empathie

« L’idée est de développer des dispositifs thérapeutiques qui aident les personnes à mieux se réapproprier les mécanismes de leur propre corps », explique Rémy Ramadour. Mobilisant les interactions hommes-machines (comme le biofeedback), les produits d’Ullo trouvent leur application dans la gestion du stress, de l’anxiété ou des troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, troubles du spectre autistique…).

Démonstration sur le stand de l’entreprise, avec une expérience de synchronisation physiologique. Les participants équipés de capteurs sont invités à prendre dans leur main le petit cœur Vibe, qui clignote aussitôt en fonction de leur pouls. En prenant le cœur d’un voisin, on finit par caler son rythme sur le sien.

De La Rochelle à Boston via le CES

A Las Vegas, la start-up, qui a commencé la commercialisation de Garden, est donc en quête de partenaires capables d’étoffer cette technologie PhyXR. Des entreprises spécialisées dans les capteurs, la réalité virtuelle ou les interfaces tangibles. « J’ai une paire de baskets de rechange pour les kilomètres à faire dans les allées du salon », assure Rémy Ramadour.

« Nous sommes là pour prouver notre business. » Et aussi bétonner la levée de fond (400 000 euros visés cette année) qui doit permettre l’internationalisation de la start-up avec un bureau à Boston en 2021. Pas question pour autant qu’Ullo quitte la Nouvelle-Aquitaine. « Nous avons bénéficié d’un soutien très fort de la région sur la conception et le design de nos produits, reconnaît Rémy Ramadour. Et La Rochelle reste ma ville de cœur. Comme tous les ports, on s’y réfugie, mais tourné vers l’extérieur. » 

Dans la valise d’Ullo

  • Cartes de visite, brochures et mug Ullo
  • Dossier avec le business plan et l’accord de confidentialité
  • Un drapeau du Stade Rochelais
  • Une paire de basket de rechange
  • Un bol de sable pour Garden


Propriété de la Région Nouvelle-Aquitaine